Accessibilité : faire des sites pour tou·te·s

illustration accessibilité

L’accessibilité numérique qu’est-ce que c’est ?

Il s’agit de permettre l’accès de son site internet à tou · t · e · s, que l’on soit valide, sénior, non voyant, entendant ou pas, que l’on soit en situation de handicap moteur, ou de polyhandicap [1], que l’on soit porteur d’un syndrome autistique ou d’un DYS [2]. Toute personne doit pouvoir accéder à l’information et y contribuer !

C’est un droit fondamental et une obligation pour tout établissement public depuis 2005.

Loi sur l’accessibilité de 2005 : article 41 : « L’accessibilité est due à tous, et notamment aux personnes handicapées, quel que soit le type de handicap, physique, sensoriel, cognitif, mental ou psychique ».

Dès 1996, Tim Berners-Lee, inventeur du Web, définit ainsi l’accessibilité numérique : « mettre le Web et ses services à la disposition de tous les individus, quels que soient leur matériel ou logiciel, leur infrastructure réseau, leur langue maternelle, leur culture, leur localisation géographique et leurs aptitudes physiques. »

Concrètement, cela veut dire être capable d’utiliser les outils (matériels ou logiciels) nécessaires à sa situation particulière pour naviguer sur internet. Si l’on est non-voyant, on pourra avoir recours à un lecteur d’écran [3], notre site se doit d’être facilement utilisable avec cet outil. Si l’on est porteur d’un handicap moteur qui nous empêche de nous servir d’une souris, notre site doit pouvoir être navigable au clavier.

Jusque là, cela paraît plutôt logique, non ? Donc quel est le problème ?

Et bien, la plupart des sites — dont le mien mais j’y travaillene sont pas accessibles à tou.t.es. !

En général, les sites sont optimisés pour être utilisés sur des navigateurs comme Chrome, Firefox, Safari etc. et sur divers types d’écrans (mobile, tablette, ordinateur). On prend rarement en compte l’ensemble des outils de navigation.

Ce qui revient à dire qu’ils ne sont pas accessibles aux personnes en situation de handicap qui emploient souvent d’autres dispositifs [4] pour naviguer.

Les spécificités des besoins de chacun sont peu considérées dans la conception d’un site internet. Par exemple, certains troubles oculaires comme les daltonismes [5] nécessitent de prendre en compte les notions de contraste lors de la création du design. C’est toute la démarche de design qui doit intégrer la problématique de l’accessibilité.

Rappel des chiffres : on estime à 12 millions les personnes en situation de handicap reconnu en France. Ce nombre monte à 23 millions si l’on ajoute les handicaps ou incapacités du quotidien non reconnues. (Je me réfère aux chiffres donnés par Marie Guillaumet — Access42 — dans son interview avec l’agence rennaise LunaWeb).

Partant de ce constat édifiant, une évidence s’est imposée à moi : je ne peux plus éluder cette question et continuer à concevoir des sites sans intégrer cette problématique. Mes sites doivent être accessibles et si mes clients ne prennent pas cette responsabilité, c’est à moi de le faire.

J’ai donc entrepris de mettre mon site aux normes

Et d’adopter un certain nombre de mesures simples afin de proposer des sites accessibles à mes clients. Pour ce faire, je m’autoforme à l’accessibilité et au design inclusif.

Quelques références indispensables pour cela :
le Référentiel RGAA
– le Guide du concepteur RGGA
A Designer’s code of Ethics l’article original de Mike Monteiro et la traduction en français.

Je détaillerai les modifications et les stratégies choisies dans mon Journal de bord | Rendre mon site accessible : mission to A11Y.

 


Notes

[1] Polyhandicap (terme apparu vers les années 1970) se définit comme un « handicap grave à expressions multiples associant toujours une déficience motrice et une déficience intellectuelle sévère ou profonde, entraînant une restriction extrême de l’autonomie et des possibilités de perception, d’expression et de relation ». Souvent, les personnes polyhandicapées souffrent aussi d’insuffisance respiratoire chronique, de troubles nutritionnels, de troubles de l’élimination et de fragilité cutanée.

[2] DYS : est un raccourci de langage pour évoquer une partie ou l’ensemble des troubles d’apprentissage dont le préfixe est « dys » par exemple dyscalculie, dyschromie, dysgraphie, dyslexie ; on parle de troubles dys. Les troubles cognitifs spécifiques apparaissent au cours du développement de l’enfant, avant ou lors des premiers apprentissages, et persistent à l’âge adulte. Ils ont des répercussions sur la vie scolaire, professionnelle et sociale, et peuvent provoquer un déséquilibre psychoaffectif. Leur repérage, leur dépistage et leur diagnostic sont déterminants.

[3] Lecteurs d’écrans : sont des logiciels ou applications d’assistance qui tentent de fournir à des utilisateurs et utilisatrices — ayant le plus souvent des troubles de lecture, de la vision, voire souffrant de cécité — une manière de lire et restituer des informations affichées sur un écran, par le biais d’une synthèse vocale ou une plage Braille. Il en existe actuellement plusieurs sur le marché, les applications principales étant : Jaws (Windows), NVDA (Windows), VoiceOver (sur macOS et iOS), Orca (Linux), TalkBack (sur Android). Définition d’Alsacréation.

[4] Outils utilisés : les lecteurs d’écran comme JAWS ou NVDA ; les plages Braille ; navigation au clavier ; adaptation visuelle de l’écran (zoom, contraste) ; utilisation des sous-titres et de transcriptions

[5] Ils existent différent type de daltonismes : monochromatisme, les dichromies et les trichromies anormales voir http://www.daltonisme.com/les-types.